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Interpellation : Installation d'un treuil à l'aérodrome de Jéhonville
Demande d'explications de Madame le Sénateur Dominique Tilmans au Ministre de la Défense Peter de Crem concernant l'installation d'un treil à l'aérodrome de Jéhonville.
Monsieur le Ministre,
Depuis juin 2007, les Cadets de l'Air de Belgique, par décision de Monsieur le Ministre André Flahaut, ont été transférés définitivement du site d'Oosmalle vers l'aérodrome militaire de Jéhonville (Bertrix). Cette délocalisation engendre de nombreuses nuisances sonores pour les riverains et spécialement pour le village de Fays-les-Veneurs (Paliseul). Celles-ci émanent des Piper Cubs 180 tractant les planeurs. Or l'activité des Cadets de l'Air sur le site de Jéhonville est particulièrement chargée. Quelques chiffres :
- plus de 120 vols par jour, 7j/7 (dimanches et fériés compris) lors des camps de Pâques et d'été (juillet, août);
- un avion toutes les 4 minutes soit plus de 90 vols par jour durant 12 week-ends des mois d'avril, mai, septembre et octobre;
- ce genre de piper consomme +/- 50 litres d'essence 100LL par heure pour la traction, soit une consommation journalière d'au moins 1000 litres pour 2 avions.
Des élus communaux de Paliseul ont déjà demandé à la Défense d'installer, sur le site de Jéhonville, un treuil (hydraulique, mécanique ou électrique) pour la mise en vol des planeurs. La base de Weelde (en Flandre), où l'importance des vols est identique à celle de Jéhonvile, en est munie depuis de nombreuses années.
Le Ministre Flahaut a décliné la proposition, argumentant que la nature du sol ardennais - différent du sol sablonneux de Weelde - risque d'endommager les câbles et le terrain. Ce genre de contre-indication n'est pourtant pas incontournable : il existe des nouvelles générations de treuils propulsant les planeurs à 500 m d'altitude et le treuil est utilisé avec satisfaction dans de nombreuses régions d'Europe (Allemagne, Suisse, France) où le sol n'est pas sablonneux.
La treuillée a l'avantage d'être :
- économique à l'utilisation (beaucoup moins de carburant, ne consomme que l'énergie nécessaire au décollage du planeur soit moins d'un litre de carburant ou un kWh pour les treuils électriques) ;
- silencieuse pour les riverains
- rapide pour la mise en vol
- respectueuse de l'environnement, écologique, non polluante
En réponse à l'inquiétude des riverains, le ministre avait privilégié une révision de la trajectoire des avions remorqueurs (mais ceci n'a pas résolu le problème). Il a également offert aux riverains des baptêmes de l'air en planeur et a commandé une étude des modifications techniques possibles sur ces vieux Piper Cubs 180.
Voici une idée de prix pour équiper les avions (deux avions plus un avion de réserve) :
- réducteur sur l'échappement : +/- 2500 EUR
- changement des hélices 2 palmes en 3 palmes : +/- 12500 EUR /avion
Alors qu'un seul treuil suffit : +/- 75000 EUR !
Pourquoi investir dans un matériel obsolète, polluant, bruyant et onéreux à l'utilisation pour des modifications qui ne procureront qu'une réduction partielle des nuisances ?
N'y aurait-il pas lieu de privilégier l'installation d'un treuil à Jéhonville, qui permettrait par ailleurs aux deux régions du pays d'être équipées de façon équivalente?
En outre, la Défense ne devrait-elle pas donner l'exemple d'utilisation de processus technologiques innovants et répondant à une politique de développement durable ?
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